Framavox
February 18th, 2020 09:22

Mise en réseau

Amans
Amans Public Seen by 67

Dans un contexte d"effondrement et de renouveau, notre réseau restauratif a peut-être intérêt à penser les liens au-delà de lui-même d'emblée... Ainsi nos rencontres zoom de co-facilitation et nos cercles de soutien c'est bien, et peut-être qu'il y a des réflexions à mener dessus "en méta", et peut-être aussi qu'on peut envisager aussi la reliance au-delà des communautés restauratives ?

Peut-être aussi que c'est juste une bonne façon de nous faire perdre du temps encore sur l'ordi que je propose là encore (;

Amans

Amans February 18th, 2020 09:24

Mais c'est surtout pour pouvoir en fait recevoir vos éventuels retours sur les trois paragraphes que je viens d'écrire "nous" concernant dans le traité d'intelligence collective en ligne sur le blog lesuperflux.fr :

**Les communautés restauratives aussi sont extrêmement inclusives, et elles sont aussi déjà bien mieux organisées, à mon sens.** Elles sont même exemplaires, tant du point de vue de l’attention collective que des outils de coopération à distance. Pour donner une idée, le réseau francophone s’appuie sur Facebook ou Yahoo mais surtout sur Framavox (où il a migré depuis Loomio !), sur plusieurs wikis et sur des rencontres Zoom co-facilitées de façon conviviale entre le Québec et le vieux continent. La CNV qui inspire la justice restaurative et cherche à défaire en effet la violence dans nos relations, n’y est pas pour rien, sans doute… et les fruits patiemment mûris dans des bidonvilles brésiliens, et encore quelques morts violentes non plus. « On ne traite pas toujours impunément les conflits », comme dirait le vengeur masqué1.
Les systèmes restauratifs qui se reconnaissent comme tels, les groupes de soutiens solides et les communautés régénératives accomplies sont en revanche peu nombreuses. **Elles sont très émergentes encore…** Pour être exact, il faudrait plutôt écrire « relativement peu nombreuses » : relativement à la surface du globe, à l’ampleur de la tâche, à la profondeur de la compréhension requise. Car nous sommes tout de même déjà un certain nombre ! Pour beaucoup aussi (dont les nôtres), ces communautés sont en cours d’auto-conscientisation, de structuration et/ou de reliance au réseau international. Cependant, la force, la justesse et la cohérence remarquable de cette émergence déjà laissent présager quelque chose de grand et beau.

(en principe, il y a des hyper-liens mais il ne se copient-collent pas dans framavox)

Amans

Amans February 18th, 2020 09:32

J'ajoute que cette partie-là n'est pas encore en ligne, je la finis ces jours-ci ! En revanche, le chapitre 3.6 est en ligne, avec aussi tout un topo sur la JR (là aussi les retours sont encore très bienvenus ! et les suggestions d'amélioration en particulier) (sachant que si tout va bien je lance la première impression dans quelques jours !)
Et pour contextualiser, deux autres paragraphes encore qui viennent peu avant :

Nombre d’institutions contemporaines qui naissent ou vieillissent déjà ici ou là ont à la fois les pieds bien sur terre et la tête loin au-dessus de la couche nuageuse (sans parler de l’ozone) ! N’est-ce pas là l’essentiel de la contribution humaine à une panarchie, que de relier terre et ciel sur ce bord-là de la galaxie ? Et bien sûr, il y a bien des façons très différentes de contribuer à cette contribution. Des centaines de milliers d’organisations cherchent par où relier la verticalité et les horizons. Parmi elles, il y en a un certain nombre qui cherchent à le faire à l’échelle planétaire, et c’est intéressant de les étudier – car elles sont forcément tout particulièrement soumises à ses tensions typiques de notre époque qui se rencontrent presque toujours entre « faire nombre » et « faire sens ».
Le réseau d’écologie profonde, les communautés restauratives, Territoires en transition, les Danses de la paix universelle, Dhamma.org, la Ré-évaluation par la co-écoute et le Mankind project : dans un ordre croissant (discutable) de structuration formelle, ces **sept réseaux me semblent chercher un tel accomplissement à l’échelle planétaire**, entre nombre d’autres bien sûr. Je veux dire quelques mots de ceux-ci, très rapides critiques perspectivistes dont l’intention est plus de contribuer à leur mouvement que de compter les points. 
Notons que quatre sont nés aux Etats-Unis (dont deux en Californie, un dans l’état de Washington et un dans le Wisconsin ! tous nourris ainsi de bien d’autres traditions, orientales et indigènes en particulier), un autre en Amérique du sud (même s’il est quand même bien british au milieu et que l’histoire du Rwanda ou de l’Afrique du sud l’ont inspiré aussi), un autre en Europe, et un autre encore en Inde (avec un long crochet par la Birmanie).
Dieudonné

Dieudonné February 18th, 2020 10:39

Merci Amans de nous partager ta créativité : )
Pour les hyper-liens, c'est vrai qu'ils ne se copient-collent pas. Cela dit si tu donnes le lien vers le lieu de publication d'origine on les retrouvera.
Pour revenir sur le fond, j'aime bien le regard global que tu proposes avec humour : )
Je suis d'accord avec toi sur ce constat : « Les systèmes restauratifs qui se reconnaissent comme tels ». J'aime bien aussi la perspective que tu ouvres : « la cohérence remarquable de cette émergence déjà laissent présager quelque chose de grand et beau. » Je vois ça un peu comme la résistance pendant la deuxième guerre mondiale. Les actes de résistance pouvaient aussi être portés par des personnes ne portant pas l'étiquette de "résistant". Et il s'y trouvait aussi le germe de belles résiliences comme Boris Cyrulnik, enfant. Je retrouve ce « quelque chose de grand et beau » aussi dans ce texte :
* La Révolution Restaurative

Ce qui me frappe aussi, c'est à quel point nous avons tous à tout moment le choix d'orienter notre énergie vers ces formes restauratives. Y compris dans les gestes les plus courant de la vie quotidienne : l'accueil de nos tensions interne, notre réaction face à un chien qui aboie, etc…

Enfin, la chose qui me touche en ce moment est bien cette histoire des systèmes de justices que nous choisissons (consciemment ou pas !) dans nos communauté d'appartenance, et le pouvoir que nous avons d'œuvrer à les choisir consciemment, collectivement.

Amans

Amans February 26th, 2020 19:32

J'ai rajouté le lien vers la révolution restaurative, et aussi celui de cette vidéo https://vimeo.com/9719525 qui est simple et chouette, et je vais peut-être mettre encore en plus celle de Julien Berlusconi et celle de Terra. Voilà sinon je n'ai pas fait beaucoup de corrections sur ce passage. Je vais continuer à tenter la connexion restaurative dans les autres réseaux dont je parle avant et après. Merci encore !

Amans

Amans July 20th, 2020 14:00

Bonjour bonjour !

Sur lesuperflux.fr demain paraîtra un article qui reprend celui que j'avais partagé là ci-dessus, et un autre passage du traité Socioculture qui parle de Justice restaurative.
Ce sera le premier d'une série d'articles sur la JR, je vous tiendra au courant pour la suite aussi (^;

Ci-dessous le texte qui sera publié demain, mais là encore sans les hyperliens... Ahhh siii, ça marche à présent ouaaais !

***

Pour qui l’a éprouvée, la justice restaurative peut apparaître comme l’innovation majeure qui viendra recycler tous nos anciens systèmes de régulation policiers et judiciaires. Une telle vision peut sembler utopique… et elle l’est ! Mais les utopies offrent des horizons. L’île de Thomas More1 n’est pas perdue au fond d’un océan, elle émerge en archipel sur nos terres fermes quand les consciences y sont prêtes : et qui sait à quel rythme peuvent changer les consciences ?

Dominic Barter, à l’initiative de cette approche, est lui aussi convivialiste et il est facile d’enrichir, en cherchant sur internet, les éléments sommaires que j’en présente ici2. Les principes de base des systèmes restauratifs sont lisibles en résumé dans ce petit tableau page (un peu binaire sans doute et cavalier vis-à-vis des efforts entrepris par les diverses personnes qui contribuent à notre vieux système judiciaire, mais qui donne tout de même bien les directions).




Système Punitif

Système Restauratif

Origine

Acte commis par un individu.
Agresseur / victime.

Acte réalisé par une personne qui fait partie d’une communauté.
Auteur / récepteur.

Stratégie

Inculpation, accusation et système de défense (voire déni).

Expression mutuelle et prises de responsabilités.

Levier

Peur.

Volonté de contribuer.

Mise en œuvre

Sanction, application de la peine.

Exclusion (au mieux réparation ayant un lien indirect avec l'origine).

Projet d'action.

Remise en lien.

Résultat

Cercle vicieux : récidive,
prise de conscience limitée,
méfiance et escalade de violence.

Cercle vertueux : évolution,
prise de conscience aboutie et partagée,
confiance et diminution des tensions.


L’approche restaurative nourrit les besoins de sécurité et de justice auxquels aspire aussi la justice punitive, mais leur associe les besoins de compréhension, de paix et de sens plus vaste, en cohérence avec un système socioculturel lui-même juste et bienveillant.

Elle consiste, avant tout, à clarifier collectivement la communauté en même temps que sa relation au conflit, et à définir la façon de traiter ceux-ci en son sein – outils de dialogues, connexions informelles, médiations simples ou cercles de parole non-violente par exemple – tout ceci étant présenté plus en détail ici, sections 3.5 et 3.6 en particulier. Une ultime étape possible, moyeu d’un système restauratif (ou régénératif, régénérateur, dialogique-conscient, intégratif, etc.), est de convoquer un « cercle restauratif ».

Lorsqu’un sujet le nécessite, un membre de la communauté peut faire appel à une facilitation qui convoque alors et s’entretient avec l’ensemble des personnes concernées. Dans le cercle ainsi rassemblé3, chacun-e des parties présente son point de vue, et l’autre le reformule jusqu’à ce qu’il y ait un accord sur ce qui a été dit et entendu, là aussi avec le soutien du / de la facilitateur-ice. Lorsque cela a eu lieu, chacun-e des membres du cercle est invité à exprimer à son tour ce que tout cela lui fait, et comment il / elle prend sa part de responsabilité dans l’histoire, et une réparation concrète est décidée. Un « après-cercle » rendra compte déjà de tout cela. Chacun-e dans la communauté grandit en conscience de cette conflictualité collectivement transformée.


Tout cela peut sembler candide – mais ne naissons-nous pas tou-te-s innocent-e-s ? Les cercles restauratifs sont nés dans les favelas de Rio de Janeiro, où la violence n’est pas une abstraction. Leur effet sur les communautés est important depuis leur développement dans les années 90, et c’est un long chemin. Les quelques mots posés ici ne disent bien sûr pas grand-chose de la profondeur et de la cohérence de l’ouvrage co-créatif et coopératif de facilitation que peut représenter la mise en place de systèmes restauratifs pour nos communautés : c’est à vivre.

En Suède, où l’on souffre bien moins, dans l’ensemble, des difficultés économiques qu’au Brésil, le record mondial de faible criminalité semble pouvoir être lié (au moins en partie) à l’interdiction de tout châtiment corporel sur les enfants, depuis trente ans. Qui doute encore qu’une culture de paix durable et entretenue génère effectivement la paix ?


Une telle pratique ne se mène évidemment pas sans systèmes de soutiens bien organisés, et c’est là un chapitre à part entière, sur lequel je reviendrai bientôt dans ce blog. Pour l’instant, rajoutons encore seulement quelques mots du réseau sur lequel par défaut tous les systèmes de soutiens restauratifs peuvent possiblement s’appuyer.

Les communautés restauratives sont extrêmement inclusives, et elles sont bien organisées déjà (bien que la pratique soit assez récente). Elles sont même exemplaires, tant du point de vue de l’attention collective que des outils de coopération à distance. Pour donner une idée, le réseau francophone s’appuie sur Facebook ou Yahoo mais surtout sur Framavox (où il a migré depuis Loomio !), sur plusieurs wikis et sur des rencontres Zoom co-facilitées de façon conviviale entre le Québec et le vieux continent. Probablement, la CNV n’y est pas pour rien, elle qui inspire la justice restaurative (JR) et cherche à défaire en effet la violence dans nos relations… et les fruits patiemment mûris dans des bidonvilles brésiliens, et encore quelques morts violentes n’y sont pas pour rien non plus. « On ne traite pas toujours impunément les conflits », comme dirait le vengeur masqué4.

Les systèmes restauratifs qui se reconnaissent comme tels, les groupes de soutien solides et les communautés régénératives accomplies sont en revanche peu nombreuses. Elles sont très émergentes encore… Pour être exact, il faudrait plutôt écrire « relativement peu nombreuses » : relativement à la surface du globe, à l’ampleur de la tâche, à la profondeur de la compréhension requise. Car nous sommes tout de même déjà un certain nombre ! Pour beaucoup aussi (dont les nôtres), toutes ces communautés inspirées par la JR sont en cours d’auto-conscientisation, de structuration et/ou de reliance au réseau international. Cependant, la force, la justesse et la cohérence remarquable de cette émergence déjà laissent présager quelque chose de grand et beau.

J’ai entendu dire qu’au Brésil, les cercles de construction de la paix étaient encore plus répandus que la JR, bien qu’elle y soit née : son principal accoucheur est d’ailleurs… un immigré britannique (^;


(à suivre…)


1 L’île d’utopie est connue pour être le premier livre décrivant une société idéale… et qui n’existe pas encore (Horizons)

2 En français, on peut consulter avant tout le wiki « systèmes restauratifs ». Dans le Mooc « gouvernance partagé », Julien Berlusconi propose une vidéo « Approche systémique et positive des conflits » qui est une bonne entrée en matière.

3 Il peut y avoir une nuance avec cet élément de nomenclature posé ici (1.intro) car le « cercle » restauratif est potentiellement très large. On peut même imaginer des enregistrements et retransmissions télévisuelles de certaines rencontres restauratives, qui seraient susceptibles de concerner la communauté humaine au-delà du « Nous » initial, si c’est pleinement consenti par les parties prenantes bien sûr, et que l’intention est ajustée.

4 Le petit Nicolas de Sempé et Goscinny mériterait peut-être sa place en Annexe0 plus que d’autres références plus sérieuses, finalement. Mais ça me semble trop vertigineux de l’envisager encore à la veille de l’impression.